Le patronat choisit d’enfoncer un peu plus les demandeurs d’emploi dans la précarité

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Il n’y aura pas de revalorisation des allocations chômage au 1er juillet. Une première depuis dix ans, “incompréhensible et inacceptable” au regard de la situation économique actuelle, estime la CFDT.

Par Anne-Sophie BallePublié le 03/07/2026 à 07h12

Répartition des allocataires indemnisés par l’assurance chômage selon le montant de l’allocation mensuelle nette versée (au quatrième trimestre de l’année 2025).
Répartition des allocataires indemnisés par l’assurance chômage selon le montant de l’allocation mensuelle nette versée (au quatrième trimestre de l’année 2025).© Unédic

Le « chantage à la dette » se poursuit et il pourrait bien, cette fois, sérieusement écorner le pouvoir d’achat déjà amputé des 2,7 millions de demandeurs d’emploi indemnisés par l’assurance chômage. Réunis en conseil d’administration de l’Unédic le 30 juin dernier, les gestionnaires du régime paritaire d’assurance chômage ne sont pas parvenus à s’entendre sur le montant de la revalorisation des allocations, qui intervient normalement chaque année au 1er juillet. Alors que les organisations syndicales demandaient une revalorisation à hauteur de l’inflation (+ 2,41 %), les organisations patronales (Medef, CPME et U2P) ont voté contre, prétextant que « le contexte macroéconomique du pays » et la situation financière ne le permettaient pas. Or les règles de l’Unédic sont ainsi faites qu’en cas d’égalité des voix, il ne se produit pas de revalorisation.

Un « choix dogmatique », fustige Lydie Nicol, secrétaire nationale chargée de l’emploi, « au regard de la situation économique actuelle et des perspectives des mois à venir ». Il semblerait surtout que les demandeurs d’emploi font les frais, une fois de plus, du courroux patronal – encore échaudé par la décision du gouvernement, fin mai, de geler certaines exonérations de cotisations sociales.

« Il n’empêche. Le patronat a décidé de continuer à plonger les gens dans la pauvreté. C’est inacceptable : la précarité n’est pas une fatalité, et le chômage n’est jamais un choix ! », poursuit Lydie Nicol, avant de rappeler que plus de la moitié des 2,7 millions de chômeurs indemnisés touchent moins de 1 000 euros par mois, et 84 % moins de 1 500 euros. « On est loin du mythe du chômeur profiteur ! »

Une première depuis dix ans, dans un contexte bien différent

À propos de l'auteur

Anne-Sophie Balle
Rédactrice en chef adjointe de Syndicalisme Hebdo

« Cette décision n’est pas inédite », a tenu à préciser l’Unédic dans un communiqué à l’issue du conseil d’administration : « En 2016, les allocations chômage n’avaient pas été revalorisées. » Sauf qu’en 2016, l’inflation était quasi nulle (0,2 %), loin des 2,4 % constatés sur les douze derniers mois par l’Insee. Le gel des allocations – qui maintient notamment l’allocation minimale à 32,13 euros par jour – aura donc « un impact évident sur le pouvoir d’achat déjà bien érodé des demandeurs d’emploi », alerte la CFDT. Côté syndical, des voix s’élèvent et demandent qu’une réflexion s’engage en ce qui concerne les règles de décision au sein du conseil d’administration, afin que l’absence d’accord ne conduise plus automatiquement au gel du montant des allocations.